Hideout- la review : Descente aux enfers

Vous êtes à la quête  d’un manga inoubliable ? Un seinen qui fait honneur au genre ? Le tout dirigé par un artiste qui saura vous insuffler tout un tas d’émotions en un minimum de temps ? Ne cherchez plus, Masasumi Kakizaki l’a fait ! Après avoir terminé son travail en tant que dessinateur sur la série Rainbow avec George Abe, le mangaka remet ça avec Hideout, un one-shot jonglant entre suspens, fantastique et horreur.

Les ténèbres d’une forêt plongée dans la nuit. Sous une pluie battante, un homme déterminé traque une victime terrifiée. La décision de Seiichi Kirishima est prise : ce soir, il va tuer sa femme.
Pourtant, un an plus tôt, c’était un homme heureux. Écrivain à succès, mari comblé et papa d’un jeune garçon… à l’époque, tout semble lui réussir. Mais ce bonheur sans faille n’est pas éternel. Le jour où son éditeur met fin à leur collaboration, les ténèbres s’immiscent dans la vie du jeune écrivain, vite criblé de dettes. Une terrifiante descente aux enfers commence, au fil des pages de ce qui pourrait bien être son dernier roman.

Hideout est un one-shot (histoire racontée en un seul volume) de 208 pages, édité chez Ki-oon le 27 octobre dernier au prix de 7,65€.

Seul au commande cette fois ci , Masasumi Kakizaki prouve à son lectorat qu’il est tout à fait capable de réaliser un titre en parfaite autonomie. Déjà connu pour son prestigieux travail sur Rainbow, série traitant de l’univers carcéral juvénile au Japon, le mangaka prend une toute autre direction avec Hideout en s’engouffrant dans une grotte sombre et humide, muni d’un scénario digne d’un Stephen King.

Avant de parler du contenu, la couverture d’abord. Elle sert d’avertissement au public pour qu’il sache qu’en entrant dans ce livre, et dans la grotte donc, il est incertain de pouvoir en sortir. La mise en page est très bien choisie par l’auteur avec un monstre en arrière plan déchirant le manuscrit. D’ailleurs, il suffit de tourner cette première de couverture pour le visualiser dans toute sa splendeur, signe que l’on vient de franchir le seuil de sa porte.

Le manga se présente sous forme de journal où le narrateur, Seiichi Kirishima, relate les faits monstrueux lui étant arrivés depuis sa venue sur une île, pas si paradisiaque que ça. Dans une forêt banale, on retrouve un manuscrit égaré (volontairement ?) en chemin. C’est à partir de ce moment, que l’on entre corps et âme dans l’histoire dramatique et terrifiante du jeune écrivain. Flash-backs à l’appui, nous suivons la décadence psychologique de Seiichi tout en l’accompagnant jusqu’au fin fond des enfers. Avec un récit très bien ficelé, rythmé par des rebondissements inattendus et des personnages assez mystérieux, Masasumi Kakizaki surprend. Cependant, surement l’un des majeurs défauts de Hideout niveau scénaristique, est que le mangaka n’approfondie pas assez l’aspect psychologique de ses personnages. Hormis peut être Seiichi Kirishima à qui nous avons droit à des éclaircies sur son passé grâce à ses souvenirs, le monstre occupant la grotte, l’enfant pleurant sa mère, la femme enchaînée ou même l’épouse de l’écrivain, Miki, restent dans l’ombre. Dommage. Cette dernière est d’ailleurs représentée comme une garce écervelée tant les informations la concernant manquent. Mais sachant qu’il s’agit d’un one-shot, il est tout à fait logique que le mangaka ait dû passer certains éléments à la passoire afin de ne garder que l’essentiel. Au final, pour revoir la lumière du jour, tous sont à la quête de la sortie… mais existe-elle au moins ? L’atmosphère troublante et frissonnante mise en place par Masasumi Kakizaki est renforcée par des illustrations plus que réalistes qui font honneur au maître.

Au niveau du graphisme, et en comparaison avec son travail en tant qu’illustrateur sur Rainbow, on remarque une amélioration de ses traits, beaucoup plus précis, fins et réalistes qu’ils ne l’étaient avant. Les expressions faciales de haine, détresse ou épouvante des personnages sont plus que remarquables. L’encrage très forcé colle parfaitement au récit et l’ambiance oppressante originelle s’accentue. Cependant, il est vrai que le lecteur peut se sentir perdu dans une scène d’action en ne réussissant pas à définir à qui appartient tel bras, telle jambe, etc. Niveau dessin, c’est pratiquement un sans faute de la part du mangaka.

Pour conclure, Hideout est un bon manga, rarement trouvable de nos jours tant la qualité est au rendez-vous. Loin des mangas typiques misant sur l’humour, classé seinen pour un public averti (+ 16), il côtoie le genre des comics grâce à une intrigue fantastique, une ambiance sombre et déconcertante et un graphisme minutieusement travaillé. Sans être otaku, il rassasiera les friands du genre. Un titre à découvrir pour les amoureux des précédents travaux de Kakizaki ainsi que pour les non-connaisseurs. Note : 9/10.

« Ma famille, c’est vous ! »

2 réflexions sur “Hideout- la review : Descente aux enfers

  1. Tout à fait, parfaitement horrible et pas si prévisible que cela, même si après la lecture on aime bien souvent se rassurer en se disant : « ah, ben oui, évidemment !!! ». Mais non, justement, ce n’est pas si évident que cela, surtout si on espère toujours un peu que nous avons affaire à une banale humanité ? Ne soyons pas aussi machiavélique que Seiichi, qui finalement nous ressemble énormément ! Alors, vu sous cet angle, auriez vous aussi pensé à cette fin là ? Je veux dire si vous aviez été vous-même dans la grotte ?
    mmmmh ?

    • Bienvenue dans mon monde Jean François, et s’il te plait, tutoie moi, j’ai l’impression d’être un dinosaure alors que je n’ai que 16ans😉
      Pour répondre à tes questions, il est vrai qu’à la fin du manga, on est obligés de faire entrer la dimension fantastique pour approuver l’histoire (même si j’avoue avoir relu la fin plusieurs fois pour la comprendre à ma façon).
      Même si la fin était assez prévisible pour ce genre de récit, on aurait pu inventer un tout autre dénouement. Par exemple, même si l'(anti-)héroïsme est déjà présent, on aurait pu l’amplifier et faire en sorte que Seiichi soit le dernier survivant de cette grotte et qu’il retrouve la lumière du jour ! De même si on envisageait un happy end (mais là on change le genre du manga carrément😛 ).
      Après, si j’étais à sa place, je pense que je me serais laissée mourir sous la torture… mais je n’y suis pas alors n’en discutons pas🙂

      Mis à part ça, ce seinen t’as plu ? Qu’en as tu pensé ?

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